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3-monthly Topics

La Réunion, laboratoire des énergies de la mer

 

Les Microalgues dans la stratégie énergétique de La Réunion

La filière microalgue est en pleine effervescence partout dans le monde. Une étude de 6 mois a été réalisée à l'ARER (Stage réalisé par Mélanie SALOMEZ, en partenariat avec IFREMER/Nantes) afin d'évaluer le potentiel de de cette filière à La Réunion.

L'Agence Régional Energie Réunion (ARER) s'intéresse à toutes les nouvelles formes d'énergies renouvelables à travers sa plate-forme recherche et développement.

L'objectif de ce stage de 6 mois a été de réaliser une étude sur le potentiel de développement de la filière microalgue à La Réunion. En effet, les microalgues sont actuellement au cœur de l'actualité notamment pour la production de biodiesel.

Ces microorganismes sont naturellement présents dans les eaux douces et marines et elles pourraient être utilisées à de nombreuses fins. L'étude aboutit aux conclusions que La Réunion de part son climat est un site idéal pour la culture des microalgues. Toutefois le peu d'espace disponible et les risques de cyclones et de fortes pluviométries dans certaines régions orientent vers une production en photobioréacteurs sous serre.

Cette technologie étant couteuse, les marchés à forte valeur ajoutée, comme la cosmétique ou la pharmaceutique seront visés à un niveau national mais également international. Pour toute la cote ouest une production en bassin est envisageable pour des valorisations à plus faible valeur ajoutée (aquaculture, alimentation, nutraceutique). Afin de diminuer les couts de production, des couplages avec d'autres technologies pourront être envisagés comme la remédiation CO2, le traitement des eaux usées ou le couplage avec des panneaux photovoltaïques.

l'heure actuelle, des recherches intenses sont menées par l'Agence pour la Recherche et la VAlorisation Marines (ARVAM) sur les souches de microalgues présentes à La Réunion afin d'en trouver une potentiellement intéressante. A l'issu de ce stage, un projet de développement d'une serre photovoltaïque couplée à la production de microalgues est en cours de montage.

Le Schéma Régional des Energies de la Mer de La Réunion

Dans le cadre du PRERURE et GERRI, le SREMER, rédigé par l'ARER, évalue les technologies existantes et les sites potentiels d'énergie de la mer pour atteindre l'autosuffisance énergétique à la Réunion.

Depuis 1999, la Réunion s'est fixée l'objectif de retrouver, d'ici 2025-2030 l'autosuffisance énergétique qu'elle avait en 1980. Elle compte pour cela sur les énergies renouvelables et un mix énergétique adapté. L'état français et la région Réunion ont mis en place deux plans pour définir et soutenir cet objectif : le PRERURE (Plan Régional des l'Energies Renouvelables et de l'Utilisation Rationnel de l'Energie) et GERRI (Green Energy Revolution in Réunion Island ou Grenelle de l'Environnement à la Réunion, Réussir l'Innovation).

Les énergies de la Mer représentent une part importante du mix énergétique 100% renouvelable à atteindre à la Réunion. Le Schéma Régional des Energies de la MER ou SREMER a ainsi été réalisé dans le cadre d'une action du PRERURE et sera intégré en annexe du SAR (Schéma d'Aménagement Régional). Il définit précisément les énergies renouvelables marines actuelles et les technologies associées, puis identifie les sites potentiels pour l'implantation de ces technologies de récupération de l'énergie des vagues, de la houle, des courants, de la pression osmotique ou thermique marine.

Télécharger le SREMER en pdf.

Opportunité de l'énergie osmotique à Sainte Rose

Dans une note d'opportunité publiée en Aout 2009, l'ARER a évalué le potentiel de développement de l'énergie osmotique à Sainte Rose, solution potentielle de valorisation du rejet d'eau de la centrale hydroélectrique de la rivière de l'Est.

Dans le cadre d'une convention de partenariat financée par la ville de Sainte Rose, l'ARER a piloté en 2009, un travail sur l'opportunité de développer l'énergie Osmotique à Sainte Rose.

L'énergie osmotique se base sur la différence de salinité entre l'eau douce et l'eau salée. En effet, lorsque l'eau douce est séparée de l'eau de mer par une membrane semi-perméable, elle passe naturellement dans le compartiment d'eau de mer et augmente la pression de celui-ci. Cette pression, appelée pression osmotique, peut ainsi être utilisée pour faire tourner un moteur hydraulique et produire de l'électricité.

En 1980, La Réunion était autosuffisante en énergie électrique grâce à l'hydroélectricité, et ce en partie grâce à la centrale de 67 MW de la Rivière de l'Est. Cette installation hydraulique rejette cependant de l'eau douce dans le port donc au contact de l'eau salée. Les débits d'eau douce peuvent ainsi atteindre en heure de pointe 10 m 3 /s, 5 à 7 m 3 /s  en heure creuse.

La ressource en énergie osmotique à Sainte Rose est par conséquent disponible et importante. La réalisation de cette étude a pour but principal d'évaluer le potentiel de développement de l'énergie osmotique. L'objectif associé étant de trouver une utilité au rejet direct d'eau douce de la centrale hydroélectrique de Sainte Rose.

L'île de La Réunion a été qualifiée d'ile laboratoire pour la mise en place des énergies renouvelables et l'énergie osmotique est actuellement une énergie en plein développement. Au vu de sa ressource Sainte Rose pourrait donc se positionner comme site privilégié dans ce domaine, face à certains groupes industriels internationaux qui réalisent d'importants travaux de recherche sur l'énergie osmotique et ses technologies.

Vous trouverez ci-dessous la « note d'opportunités sur l'énergie osmotique avec l'utilisation du rejet d'eau de la centrale hydroélectrique de Sainte Rose ». Après une description de l'énergie osmotique et de la situation de la centrale hydroélectrique de Sainte Rose, ce document traitera des réelles opportunités de développement pour l'énergie osmotique à Sainte Rose.

Télécharger la note d'opportunité en pdf.

 

Économie et financement des énergies renouvelables marines

L'une des tables rondes de Sciences et éthiques 2009 a été consacrée à l'économie et au financement des énergies renouvelables marines. L'intervention de J.M. Gauthier ( responsable mondial Energie et Ressources Deloitte, co-responsable de la Chaire Energie & Finance HEC-Deloitte, sur le thème « Les énergies de la mer dans l'équilibre énergétique mondial ») a mis en avant la vision des économistes qui relativise la place des énergies de la mer d'ici à 2030 dans la lutte contre le changement climatique.

Lire l'article.

 

Signature des Conventions ETM & CETO pour les ERM en 2010

Le 13 octobre 2009 a été marqué par la signature d'une nouvelle convention entre la Région Réunion et DCNS pour le développement de l'énergie thermique marine à La Réunion, ainsi qu'avec EDF EN pour le projet houlomoteur CETO.

Le 13 Octobre 2009 a été signée une nouvelle convention entre la Région Réunion et DCNS, dans le cadre de ce projet ETM à la Réunion. Cette convention octroie 6 667 k€, financés par le plan de relance, DCNS et la Région Réunion, pour un programme de recherche en deux volets. Le premier objectif est la réalisation d'un prototype à terre ou PAT, basé à Saint Pierre, banc d'essai pour l'optimisation technologique du système énergie ETM. Le second volet consiste à lever un certain nombre de risques sur le système naval, principalement sur la conduite d'eau de mer et le pompage d'eau froide en grande profondeur et sur les conditions d'ancrage propre au cas réunionnais. Ces études commenceront en 2010 et pourront s'étaler jusqu'en 2012.

Une seconde convention a également été signée le même jour, toujours pour les énergies de la mer. L'état a en effet décidé de faire également bénéficier le projet CETO (1) des fonds issus du plan de relance. La signature de la convention Etat-Région pour la mise en œuvre du projet CETO a donc ici été suivie de la signature d'une convention entre EDF EN et la Région Réunion pour la réalisation d'un projet de développement d'un prototype houlomoteur à la Réunion utilisant la technologie CETO. Cette convention d'un montant de 4 200 k€ a pour but l'adaptation et l'industrialisation de la technologie, avec sélection du meilleur site réunionnais et préparation à l'installation du prototype.

C'est donc un grand pas dans le domaine des énergies de la mer qui a été réalisé ce 13 Octobre dernier. C'est également une grande avancée vers l'autonomie de production électrique de l'île de la Réunion car ces travaux donneraient à terme naissance à deux grands projets dans les énergies de la mer pour remplacer le charbon dans la production d'électricité de l'île. La Réunion deviendrait ainsi d'ici peu un site exemplaire mondial dans ce domaine, centre des énergies de la mer.


(1)CETO : système de conversion électrique de l'énergie de la Houle à partir de bouées sous-marines situées sur des fonds d'environ 25m (système industriel développé et commercialisé par EDF Energies Nouvelles).